Le jardin des délices (dernier épisode de la trilogie : l'arche de Noa) - Une expédition sur les traces de Jørn Riel... - An Arvorig, la Bretagne vue autrement

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Le jardin des délices (dernier épisode de la trilogie : l'arche de Noa)

Le jardin des délices (dernier épisode de la trilogie : l'arche de Noa)


Le jardin des délices (dernier épisode de la trilogie : l'arche de Noa)

Nous avons marché et nous sommes arrivés. Du promontoire, debout, à la proue d'un grand navire, le paysage s'est ouvert.

   Il y eut un frémissement de l'air, puis le silence, rien que le silence. Plus vaste encore que le temps qui s'écoule nous avons senti l'âme du vent passer sur nous dans un frisson d'éternité. Où étions-nous à cet instant de notre histoire ? Quel était ce sentiment indicible qui nous traversait devant ce spectacle qui s'offrait à nous ? Quelles portes avions-nous franchies, celles de l'enfer ou du paradis ? Ou était-ce Tir Na Nog, l'île bienheureuse d'éternité du Grand Nord des anciens celtes ?

   Rien dans ce paysage ne ressemblait à ce que nous avions déjà vu. Il était d'un autre monde perdu ou à venir. Nos yeux parcouraient le bleu du ciel pour se fondre aux flancs des montagnes enneigées où les gris, les ocres-jaunes et rouges se paraient de teintes pourpres et violettes pour se refléter dans un lac d'un rose pâle presqu'irréel. Au loin, d'autres petits lacs invitaient nos regards à s'abandonner au voyage des couleurs. Parfois ils s'arrêtaient sur des renards courant dans la toundra, un gros corbeau noir posé sur un rocher, le vol d'oiseaux blancs planant dans l'éther, quelques bœufs musqués paissant sur des collines, toute une faune libre et vivant au rythme de cette nature sauvage et paisible à la fois.

   Nous sommes restés un long moment, happés par le silence de ce décor sublime qu'aucun peintre romantique n'aurait pu traduire par le plus beau des tableaux, fût-il Gaspard Friedrich.

   A nouveau, un frémissement de l'air s'est manifesté et nous sommes rentrés, poussés par les ailes du vent. En arrivant à notre port d'attache, de nombreux icebergs s'étaient échoués dans la baie pour former une sorte de cordon comme pour nous protéger.

   L'un d'entre eux, ayant pris la forme d'une grande arche, nous nous sommes mis à penser alors à l'Arche de Noa, un paradis perdu d'après le déluge. Peut-être la récompense des douleurs que nous avions endurées pour arriver jusque là, et que les forces terribles des éléments nous avaient payer au prix de notre effort.

   Ne restaient plus maintenant que le souffle du vent, notre rêve et le chant du Monde.

   "Si vous ne nous connaissiez pas si bien, vous auriez tendance à penser que tout ceci n'est que racontars"

APSUMA SUKANGA

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Ajouté le 15/08/2002 à 10h50 Envoyer a un ami Imprimer
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