Quel est le point commun entre la cathédrale de quimper, le calvaire de Plougastel ou le couvent des ursulines a vannes ? Tous ont été restaurés par la société de sculpture et de restauration de Pierre Floc’h. Originaire de Loire-Atlantique, le chef d’entreprise s’est installé à La-Chapelle-Caro en 1979. Depuis, il bichonne les édifices bretons et leur offre une seconde jeunesse.
« Quand j’étais gamin, j’aimais bien bricoler, sculpter des tas de trucs. Je ne me suis jamais expliqué pourquoi. » Dans son atelier de La-Chapelle-Caro,Pierre Floc’h, chef d’entreprise, caresse doucement une énorme dalle de granit. Celui-là, c’est sûr, est un amoureux des vieilles pierres. Déjà très jeune, le matériau l’attire, le passionne.
Sur les conseils d’un sculpteur, il fait quelques essais dans une carrière de Buléon. « Là-bas, j’ai eu beaucoup de chance. On me filait tout le travail intéressant.
C’est grâce à cela que j’ai pu progresser. »
C’est décidé, Pierre Floc’h fera de la pierre son métier. En 1979, il crée sa propre entreprise, la société de sculpture et de restauration. Elle compte aujourd’hui sept salariés, entièrement dévoués aux monuments anciens. Leur mission : restaurer les sculptures et ornementations des églises, chapelles, calvaires, manoirs… Au fil des ans, Pierre décroche de remarquables chantiers. Il restaure les calvaires de Tronoën, Plougastel, Guimiliau, Pleyben et Guéhenno, et commence en 1987 à travailler sur la cathédrale de Quimper. Après l’établissement de diverses études, ses salariés s’attaquent d’abord au chœur, puis à la nef de l’édifice. Et près de 20 ans plus tard, ils continuent de raviver les sculptures et ornements de la belle : une troisième tranche de travaux, qui vise à restaurer la tour et les flèches de la cathédrale, est actuellement en cours.
Chaque pièce examinée
Ainsi, depuis le mois de juillet 2006, la place Saint-Corentin, à Quimper, ne cesse de retentir de coup de marteaux et de massettes. Trois salariés de la société y travaillent en permanence, au côté d’autres entreprises chargées de la taille de pierre et de la maçonnerie. « Nous, nous nous chargeons uniquement des sculptures et des ornementations, témoigne un sculpteur. En fonction de l’état de la pierre, nous avons deux solutions : soit on remplace uniquement l’élément abîmé, soit on refait tout à neuf. » Chaque sculpture de la cathédrale passe donc au crible d’ouvriers attentifs, qui procèdent en premier lieu à un nettoyage des pierres (au laser ou au microsablage), puis qui décrochent chaque pièce fissurée ou abîmée. Sur le chantier, un petit atelier a donc été installé, à l’abri de hautes palissades.
Une girouette décapitée y attend ses soins, tandis qu’un sculpteur s’affaire à recréer de toutes pièces les crochets et fleurons de la flèche. « C’est un travail très minutieux, assure Pierre Floc’h. Sur chaque monument, il faut conserver l’esprit et le style d’origine. » (...)
Texte : Virginie Le Pape
Photographies : Philippe Jacquet [http://www.photos-phil.com/]
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