Plouhinec, chantier de fouilles à la villa Mané-Véchen

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Plouhinec : Chantier de fouilles à la villa Mané-Véchen

Plouhinec : Chantier de fouilles à la villa Mané-Véchen


Plouhinec : Chantier de fouilles à la villa Mané-Véchen

Depuis maintenant six ans, la villa gallo-romaine de Mané-Véchen, à Plouhinec (56), fait l’objet de fouilles archéologiques approfondies. Chaque année pendant quatre mois, le site côtier résonne des coups de truelles de jeunes bénévoles, venus ici se forger une première expérience des chantiers de fouilles. Un travail de patience et de précision, mais aussi un geste généreux pour la préservation du patrimoine.

Ce jeudi matin, non loin de la chapelle de Locquénin, une petite troupe de jeunes gens arpente résolument l’étroit sentier bordant la ria d’Etel. C’est à peine s’ils s’attardent sur le magnifique lever de soleil :  ils jouissent chaque jour de ce cadre exceptionnel. A quelques minutes de marche à peine, le chantier de fouilles archéologiques les attend. Soudain, la villa gallo-romaine de Mané-Véchen apparaît, majestueuse. Ses ruines, dorées par le soleil rougeoyant, s’étendent sur plus de 4 500 m2.
A l’entrée du chantier, Alain Provost accueille rapidement ses bénévoles. Pas de temps à perdre, chacun farfouille dans les caisses à la recherche de son matériel du jour : seaux, pelles, truelles, balais sans manche, sécateurs… Déjà, d’autres bénévoles s’affairent au centre de la cour. « Il s’agit d’un groupe de chercheurs expérimentés, présente le responsable des fouilles.  Ils sont en train de mettre à jour un ouvrage complexe, sans doute un ancien bassin aquatique. »

Premières fouilles

Alain Provost ne se préoccupe pas tant du travail de ces bénévoles autonomes. La veille, six nouveaux chercheurs, totalement inexpérimentés, sont arrivés sur le chantier. Ceux-là nécessitent un encadrement plus attentif. Afin de leur enseigner les premiers gestes techniques, Alain Provost a délimité un espace de fouilles restreint le long d’une façade, dans la partie nord de l’édifice. Ici, les jeunes bénévoles, étudiants en licence d’histoire, devraient bientôt trouver divers débris: tuiles, moellons, os ou déchets alimentaires. Mais avant, il leur faut débarrasser le secteur de la « première couche archéologique », essentiellement constituée d’humus (1).
Alain Provost donne ses premières instructions : « Aujourd’hui, votre outil principal sera le balai. Il vous permettra d’évacuer l’humus et de découvrir ce qu’il y a en dessous. Mais attention, il faut l’utiliser avec la pointe, délicatement. » Agenouillés sur un indispensable tapis protecteur, les bénévoles s’exécutent. « N’enlevez pas les pierres ou les tuiles pour l’instant, ajoute le responsable. Contentez-vous de faire apparaître les matériaux, ce sera suffisant pour aujourd’hui. » 

Un site original

Voilà maintenant six ans qu’Alain Provost dirige les bénévoles du chantier de fouilles. Au fil des saisons, il a vu la villa Mané-Véchen sortir progressivement de terre. Construite à la fin du IIe siècle, cette dernière lui a réservé bien des surprises. «  Au départ, nous nous attendions à trouver une villa romaine classique, une riche résidence secondaire. Et puis au fil des ans, nous nous sommes rendus compte qu’il manquait certains éléments phare, tels les appartements des propriétaires. Parallèlement, nous avons découvert des entrepôts et plusieurs salons de réception. Aujourd’hui, nous pensons qu’il s’agissait plutôt d’un lieu de rencontre entre négociants ou producteurs. »
La villa, en tout cas, présente un vif intérêt archéologique. Les chercheurs y ont retrouvé les traces de riches ornementations : peintures murales, décors à reliefs, scènes mythologiques… « Certains décors représentaient Dionysos et Ariane, explique Alain Provost. C’est tout à fait exceptionnel en Bretagne. On peut donc imaginer que les concepteurs de la villa étaient originaires du Moyen-Orient. »
L’histoire de Mané-Vechen, elle aussi, est particulière. Grâce aux recherches menées, les archéologues peuvent affirmer que les bâtiments furent abandonnés par leurs propriétaires un siècle seulement après leur construction, probablement à la suite d’un incendie. La villa hébergea alors de nombreux squatters. «  Ces gens là ont laissé derrière eux une quantité impressionnante de déchets culinaires, rapporte Alain Provost. Nous avons aussi retrouvé des armes, ce qui laisse supposer qu’il pourrait s’agir de militaires. »

Patience et minutie

A l’heure actuelle, les fouilles de la villa Mané-Véchen touchent à leur fin. Le chantier devrait être terminé en 2007. Après avoir successivement découvert l’ensemble des parties bâties de la villa, Alain Provost espère maintenant que la fouille de la cour centrale apportera de nouveaux éléments. Le moindre petit indice peut apporter des informations considérables.
« Alors, ça avance ? », questionne-t-il en s’avançant vers son second groupe de bénévoles, chargé de découvrir le bassin. Les jeunes chercheurs lèvent la tête, perplexes. Cet ouvrage leur donne du fil à retordre. « Leur travail est très complexe car ils travaillent à la base du bassin, explique Alain Provost. Il n’y a pas de mortier entre les pierres de la construction, alors ils doivent définir celles qui appartiennent au bassin et celles qu’il faut jeter. Ici, on travaille quasiment comme sur des fouilles préhistoriques. C’est très minutieux. »
Au sol, des repères formés de cordons guident la fouille. Les bénévoles travaillent au pinceau ou à la spatule, totalement concentrés sur leur tâche. Ils découvrent et détourent patiemment les pierres, une à une. La difficulté de la tâche ne semble pas les rebuter, bien au contraire. La plupart d’entre eux sont étudiants en master ou en doctorat et se destinent au métier d’archéologue. «  Aujourd’hui, cela va être difficile pour eux de trouver du travail dans cette branche, regrette Alain Provost. Dans les années 80, l’état a beaucoup embauché et maintenant, il va falloir attendre que tout ces gens partent à la retraite. »
Pas question pourtant de se laisser décourager ! Pour Cyril Driard, doctorant, la meilleure façon de réussir dans cette branche est de participer à ce type de chantier de bénévoles. «  C’est comme cela que l’on se fait une expérience, même si cela nous oblige à travailler ensuite pendant l’année scolaire. » Voilà cinq ans que le jeune homme vient fouiller à la villa Mané-Véchen. Cette année, son assiduité a payé : Alain Provost l’a nommé assistant et il est désormais rémunéré pour son travail.

Différents profils de bénévoles

De l’autre côté de la cour, les débutants n’en sont pas encore là. Ce premier chantier va leur permettre de tester leur motivation et leur goût pour la fouille. « Il y a un certain mythe autour du métier d’archéologue, cela attire beaucoup de jeunes étudiants, s’amuse Alain Provost. Et pourtant, dans la réalité, notre travail est souvent long et fastidieux. » Autant dire que certains, déçus, ne poursuivront pas dans cette voix. D’autres, au contraire, resteront passionnés par ce travail de  préservation. « Chaque année, nous recevons quelques quadragénaires ou quinquagénaires très enthousiastes. Ils fouillent depuis des années et des années en amateur et reviennent à chaque vacances. Par exemple, nous travaillons tous les étés avec un magistrat de Lyon et un professeur des Yvelines. »
Eh oui, c’est que l’on vient de loin pour fouiller sur le site exceptionnel de Mané-Véchen. Il s’agit d’ailleurs de la première villa maritime à accueillir un tel chantier. A terme, le site devrait être ouvert au public. « Un projet de valorisation est programmé, mais il faut d’abord terminer les fouilles. Il faut être sûr de ce que l’on va raconter aux gens. »
Le son des pioches et des truelles continue donc à résonner sur le chantier. Les chercheurs débutants viennent de terminer le nettoyage de leur parcelle, et s’attaquent à une seconde zone. « Cette fois, on peut y aller à la pioche, annonce Alain Provost. Il y a au moins cinq centimètres d’humus à cet endroit. » Joignant le geste à la parole, il s’applique à dégager l’espace, jusqu’à l’apparition d’une matière plus claire et plus compacte. « Voyez, c’est cela que l’on doit obtenir. Il s’agit de l’ancien sol de la cour. » Plus loin, les chercheurs expérimentés ont dégagé un alignement de pierres, sur un côté du bassin. C’est l’heure du repas mais ils s’attardent sur le chantier pour contempler leur travail. Il leur reste encore plusieurs jours de dur labeur avant de découvrir l’ensemble de la construction. La patience, voilà la qualité dont un archéologue ne peut se passer !

(1) Humus : terre formée par la décomposition des végétaux.

Texte de Virginie Le Pape
Photos de Philippe Jacquet www.photo-phil.com

Le site de Mané-Véchen est interdit au public mais vous pouvez le découvrir depuis le sentier côtier. Quelques panneaux explicatifs y ont été installés l’an dernier.
Accès : Depuis le bourg de Plouhinec, suivre la direction Belz, puis tourner à droite direction Le Magouër. Se garer sur le parking de la chapelle de Locquénin ou impasse du Gueldro-Marrec et empruntez le sentier côtier.

Pour participer à un chantier de bénévoles (accessible à tous), consultez le site www.chantierbenevolebretagne.org

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[1] Petite rectification : le site archéologique de Ma...
par Mag le 29/01/2007 à 21h32
Petite rectification : le site archéologique de Mané-Véchen est ouvert au public pendant la période estivale dans le cadre de visites guidées. Toutes les informations sont disponibles sur le site Internet www.mane-vechen.info

[2] il y a t il des fouille prévue pour l'été 2007, me...
par Hermiaude le 06/02/2007 à 22h42
il y a t il des fouille prévue pour l'été 2007, merci d'avance.

[3] J'aimerais vivement être bénévole sur les fouilles...
par HS le 04/03/2007 à 12h07
J'aimerais vivement être bénévole sur les fouilles du site de Mané-Véchen, prévues en été 2007, qu'elles sont les personnes à contacter? merci d'avance.

[4] Des fouilles sont prévues en août et septembre 200...
par Mag le 06/03/2007 à 23h05
Des fouilles sont prévues en août et septembre 2007. Des infos complémentaires sont disponibles sur le site www.chantierbenevolebretagne.org. Inscription à partir d'avril-mai auprès de l'archéologue.

[5] Merci pour ces renseignements précieux....
par HS le 11/03/2007 à 12h31
Merci pour ces renseignements précieux.

[6] je souhaiterai avoir de plus ample détail sur les ...
par isa936 le 22/04/2007 à 15h50
je souhaiterai avoir de plus ample détail sur les fouilles prévues en aout en Bretagne en tant que bénévole merci

[7] J'aimerais savoir, si ce n'est pas indiscret, si A...
par alice le 22/05/2007 à 00h06
J'aimerais savoir, si ce n'est pas indiscret, si Alain Provost qui est mentionné dans cet article était au collège césar franck à Palaiseau ? NB Je ne sais pas comment m'adresser directement à lui. Mon adresse est la suivante : alice.tribondeau@wanadoo.fr . Merci d'avance !


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Ajouté le 11/12/2006 à 11h25 Envoyer a un ami Imprimer
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