La légende des baliniers de Kerjean (page 4/7) - Légendes de Bretagne : Armor, Argoat, korrigans, Is, Azénor, Marimorgan... - An Arvorig, la Bretagne vue autrement

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La légende des baliniers de Kerjean (page 4/7)

La légende des baliniers de Kerjean (page 4/7)


La légende des baliniers de Kerjean (page 4/7)

Il eut cette grande joie de voir la réalisation de son rêve. Quand il mourut, les murs de l'enceinte, la chapelle, la galerie aux pilastres doriques et les beaux pavillons d'angle aux campaniles superposés étaient déjà édifiés.

  On avait prévu à l'intérieur des pièces immenses, des cheminées gigantesques, un escalier monumental, et aussi des réduits obscurs, des portes à hauteur d'estomac, et un curieux escalier à double révolution descendant dans les caves, véritable casse-cou pour ceux qui voudraient s'y aventurer sans le bien connaître. Les propriétaires, on le voit, étaient dominés par cette double préoccupation : établir une demeure de plaisance fastueuse et assurer, en même temps, des moyens de défense intérieure. Ce n'était pas là une mesure inutile, car, pendant la Ligue et, plus tard, sous la Révolution, les cachettes et reduits de Kerjean ne demeurèrent pas sans servir.

   Les Barbier avaient fait entre temps établir leur noblesse. Ils n'y étaient pas parvenus sans peine. Les commissaires de la réformation des fiefs prétendaient qu'ils n'avaient aucun droit à se dire nobles. Mais grâce à leur fortune, ils purent soutenir un procès long et onéreux, dont le jugement définitif leur donna gain de cause.

   Au premier étage du château de Kerjean existe un caveau voûté, construit tout en granit, avec une seule fenêtre grillée par d'énormes barreaux de fer forgé et une cheminée carrée, au large foyer, par lequel il devait venir, quand le feu était allumé, plus de vent que de chaleur. Les murs sont froids et nus et la porte qui donne accès dans la pièce est en coeur de chêne cuirassé d'appliques de fer. C'est la pièce où Françoise de Quellen, dame de René Barbier, en attendant le retour de son mari retenu à la Cour, enferma de trop empressés galants. Alfred de Musset a tiré de cette aventure l'une de ses plus jolies comédies, Barberine, en transportant au coeur de la Bohême des faits qui avaient eu pour cadre la Bretagne.

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Ajouté le 19/10/2001 à 17h21 Envoyer a un ami Imprimer
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