La légende de baliniers de Kerjean (page 7/7) - Légendes de Bretagne : Armor, Argoat, korrigans, Is, Azénor, Marimorgan... - An Arvorig, la Bretagne vue autrement

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La légende de baliniers de Kerjean (page 7/7)

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La légende de baliniers de Kerjean (page 7/7)

La jeune femme eut un cri de joie en apercevant René. Fronçant les sourcils, il demanda au contraire à sa dame d'expliquer les différents dons qu'elle avait pu faire à ses visiteurs successifs. - Oh ! C'est très simple, répondit Françoise. Ces messieurs se sont présentés à moi, recommandés par vous, comme étant de vos amis. Dans votre lettre, vous me disiez de leur accorder tout ce que l'honnêteté permettait de ne pas leur refuser. Je leur ai donné, pour ne pas vous désobliger, tout ce que je croyais possible dans le limite des concessions permises. Quand ils ont eu obtenu : l'un mon ruban, l'autre mon épingle, le troisième ma boucle de cheveux, - qui je m'en doutais, iraient vers vous - ils m'ont demandé de leur accorder chacun un entretien particulier. J'ai encore consenti et leur ai remis la clef d'une certaine chambre bien voûtée, avec une fenêtre fortement grillée, dans laquelle on ne pénètre que par une lourde porte qui ne s'ouvre que du dehors. Tous quatre sont encore enfermés dans ce caveau, et, pour occuper leurs instants et rattraper le temps qu'ils m'ont fait perdre, je les emploie à filer du balin (étoupe). Ils ont beau faire et beau dire, je les ai prévenus qu'ils ne recouvreraient leur liberté que le jour où vous voudriez bien la leur rendre. Ce disant, Françoise conduisit René vers les quatre larrons d'honneur qui, en le voyant, le saluèrent comme un sauveur et de bonne grâce le reconnurent pour le vainqueur du pari qu'ils avaient eu la fatuité de lui tenir.

L'aventure, dont on a fait en Bretagne le dicton :

"Ar c'hoent euz an incadeuret, a zo bet e Kerian savet."
"L'aïeul des baliniers, c'est à Kerjean qu'il fut élevé." 

obtint à Paris, dès qu'elle y fut connue, le plus vif succès et valut à René Barbier d'être créé chevalier de l'Ordre et gentilhomme de la Cour, puis, en 1618, par lettre patente, élevé au marquisat.

   Ce fut l'apogée de la fortune des Barbier. Les descendants de René et de la vertueuse Françoise ne leur ressemblèrent pas. Ils ne tardèrent pas à gaspiller non seulement leurs biens, mais encore le patrimoine d'honneur qu'ils en avaient reçu.

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Ajouté le 19/10/2001 à 17h42 Envoyer a un ami Imprimer
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