Les Korils de Plaudren (page 3/11) - Légendes de Bretagne : Armor, Argoat, korrigans, Is, Azénor, Marimorgan... - An Arvorig, la Bretagne vue autrement

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Les Korils de Plaudren (page 3/11)

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Les Korils de Plaudren (page 3/11)

Il y avait surtout en Plaudren, auprès du petit bourg de Loqueltas, une lande appelée "Mottenn-Dervenn" (où, comme diraient les Galots, la Terre du chêne), dans laquelle se trouvaient un grand village de Korils que l'on peut voir encore aujourd'hui. Les méchants nains y venaient danser toutes les nuits, et celui qui osaient alors traverser la lande était sûr d'être entrainé dans leur ronde et forcé de tourner avec eux jusqu'au premier chant du coq ; aussi ne se hasardait-on pas à y aller.

   Cependant, un soir, Bénéad Guilcher, qui revenait avec sa femme d'un champ où il avait mené la charrue tout le jour pour le compte d'un fermier de Cadoudal, prit la lande hantée afin de raccourcir le chemin. Il était de bonne heure, et il espérait que les korrigans n'auraient point encore commencé leur danse ; mais arrivé au milieu du "Mottenn-Dervenn", il les aperçut éparpillés autour des grandes pierres, comme des oiseaux sur un champ de blé. Il allait retourner en arrière, lorsque les cornes des nains des bois et les cris d'appel des nains des vallées retentirent derrière lui. Bénéad sentit ses jambes trembler, et dit à sa femme :

   "Sainte Anne ! nous sommes perdus ; car voici les kornikaneds et les poulpikans qui viennent rejoindre les korils pour mener le bal toute la nuit. Ils nous forceront à danser jusqu'au jour, et mon pauvre coeur n'y pourra tenir."

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Ajouté le 19/10/2001 à 20h45 Envoyer a un ami Imprimer
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