Un soir, ne pouvant plus résister à son désir, il prit sa petite fourche, après s'être recommandé à sainte Anne et s'en alla vers le "Mottenn-Dervenn". Du plus loin que les korils le virent, ils accoururent en criant : - C'est Bénéad Guilcher ! - Oui, mes petits hommes, c'est moi, répondit le bossu jovial ; je viens vous faire une visite de voisinnage. - Sois le bienvenu, répliquèrent les korils. Veux-tu danser avec nous ? - Faites excuse, brave gens, reprit Guilcher ; mais vous avez l'haleine trop longue pour un pauvre infirme. - Nous nous arrêterons quand tu le voudras, crièrent les korils. - Me le promettez-vous, dit Bénéad, qui n'eût pas été faché d'essayer la ronde, par curiosité, pour pouvoir en parler. - Nous te le promettons, répondirent les nains. - Sur la croix du Sauveur ? - Sur la croix du Sauveur."
Le bossu, persuadé qu'un pareil serment le mettait à l'abri de tout malheur, prit place dans la chaine, et les korils commencèrent la ronde en répétant leur chant accoutumé :
Lundi, mardi, mercredi,
Lundi, mardi, mercredi,
Di-lun, di-meurs, di-merc'her,
Di-lun, di-meurs, di-merc'her,
Au bout de quelques instant, Guilcher s'arrêta.
- Sauf le respect que je vous dois, mes gentilhommes, dit-il aux nains, votre chanson et votre danse me paraissent peu variées ; vous vous arrêtez trop tôt dans la semaine, et, sans être un rimeur habile, je crois que je puis allonger le refrain.
- Voyons ! Voyons ! répétèrent les nains.
Alors le bossu reprit :
Lundi, mardi, mercredi,
Jeudi, vendredi, samedi.
Di-lun, di-meurs, di-merc'her,
Di-ziou, di-gwenerr, di-sadorn.
Une grande rumeur s'éleva parmi les Korils...
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