Les Korils de Plaudren (page 7/11) - Légendes de Bretagne : Armor, Argoat, korrigans, Is, Azénor, Marimorgan... - An Arvorig, la Bretagne vue autrement

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Les Korils de Plaudren (page 7/11)

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Les Korils de Plaudren (page 7/11)

Parmi ceux-ci se trouvait un tailleur aux cheveux rouges et aux yeux de travers, que l'on appelait Perr Balibouzik, parce qu'il bredouillait en parlant. Ce n'était point, comme sont d'habitude ses pareils, un compagnon rimeur aussi gai sur son établi que le rouge-gorge sur sa branche et sentant les crêpes de froment d'aussi loin que le chien sent le gibier ; Balibouzik ne riait pas, ne chantait jamais et ne se nourrissait que de pain d'orge, dans lequel on voyait les pailles. C'était un avare, et, de plus, un mauvais chrétien qui prêtait son argent à de si gros intérêts, qu'il ruinait tous les pauvres journaliers du pays. Guilcher lui devait cinq écus depuis longtemps, sans pouvoir les rendre ; Perr alla le trouver et les lui demanda de nouveau. L'ancien bossu s'excusa, en promettant de s'acquitter après les foins ; mais Balibouzik déclara qu'il ne lui accorderait un délais qu'à la condition de savoir qui l'avait rajeuni et redressé.

   Ainsi forcé de tout avouer, Guilcher raconta sa visite aux korils ; il dit quels mots il avait ajoutés à leur refrain et comment on lui avait donné à choisir entre deux souhaits.

   Perr se fit répéter plusieurs fois tous les détails, puis s'en alla, en avertissant son débiteur qu'il lui laissait huit jours pour trouver les cinq écus.

   Mais ce qu'il venait d'apprendre avait éveillé toute sa rage d'avarice. Il résolut, dès le soir même, de se rendre au "Mottenn-Dervenn", de se méler à la danse des Korrigans, et d'obtenir aussi le choix entre les deux souhaits proposés à Guilcher :
richesse ou beauté.

   Dès que la lune fut levée, voilà donc Balibouzik le louche qui s'achemine vers la lande, sa petite fourche à la main. Les korils l'aperçoivent, accourent à sa rencontre et lui demandent s'il veut danser. Perr y consent, après avoir fait ses conditions comme Bénéad, et il entre dans la ronde des petits hommes noirs qui se mettent à répéter le refrain agrandi par Guilcher :

Lundi, mardi, mercredi,
Jeudi, vendredi, samedi.

Di-lun, di-meurs, di-merc'her,
Di-ziou, di-gwenerr, di-sadorn.

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Ajouté le 19/10/2001 à 21h12 Envoyer a un ami Imprimer