Les Korils de Plaudren (page 10/11) - Légendes de Bretagne : Armor, Argoat, korrigans, Is, Azénor, Marimorgan... - An Arvorig, la Bretagne vue autrement

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Les Korils de Plaudren (page 10/11)

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Les Korils de Plaudren (page 10/11)

  Il y eut un court silence ; les nains attendaient ce que Guilcher allait dire.

 

   Et voilà la semaine finie ! acheva-t-il gaiement.

   Mille cris qui ne formaient qu'un cri s'élevèrent de tous les côtés de la lande. En un instant, tout fut couvert de korrigans qui accouraient ; il en sortait des touffes d'herbes, des bouquets de genêts, des fentes de rochers ; on eût dit une ruche de petits hommes noirs ; tous ils gambadaient parmi les bruyères, en criant :

Guilcherik, notre cher sauveur,
A rempli l'arrêt du Seigneur.

- Sur mon salut, que veut dire ceci ! s'écria Bénéad étonné.

- Cela veut dire, répliquèrent les korrigans, que Dieu nous avait condamnés à rester parmi les hommes et à danser toutes les nuits, sur les landes, jusqu'à ce qu'un chrétien eût complété notre refrain ; tu l'avais déjà allongé et nous espérions que le tailleur envoyé par toi le finirait ; mais il s'est arrêté au moment de l'achever, et c'est pourquoi nous l'avons puni. Tu viens heureusement de faire ce qu'il n'avait point fait ; notre temps d'épreuve est fini et nous retournons dans notre royaume qui s'étend sous la terre, plus bas que la mer et les rivières.

- S'il en est ainsi, dit Guilcher, et que vous m'ayez cette obligation, ne partez point sans tirer de peine un ami.

- Que te faut-il ?

- De quoi payer Balibouzik aujourd'hui et le fournier toujours.

- Prends nos sacs, prends nos sacs !" s'écrièrent les korrigans.

   Et ils jetèrent aux pieds de Bénéad les petites poches de toile rousse qu'ils portaient en bandoulière.

   Celui-ci en ramassa autant qu'il put en porter et s'encourut tout joyeux à la maison.

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Ajouté le 19/10/2001 à 21h28 Envoyer a un ami Imprimer
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