Les Korils de Plaudren (page 11/11) - Légendes de Bretagne : Armor, Argoat, korrigans, Is, Azénor, Marimorgan... - An Arvorig, la Bretagne vue autrement

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Les Korils de Plaudren (page 11/11)

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Les Korils de Plaudren (page 11/11)

"Allumez la résine, cria-t-il à sa femme, en entrant, et fermez la claie, afin qu'aucun voisin ne puisse nous voir, car j'apporte de quoi acheter trois paroisses avec leurs juges et leurs recteurs." En même temps, il déposa sur la table tous les petits sacs et se mit à les ouvrir. Mais, hélas ! Il avait calculé le prix du beurre avant d'avoir acheté la vache ! Les sacs ne renfermaient que du sable, des feuilles mortes, des crins et une paire de ciseaux. A cette vue, il poussa un si grand cri, que sa femme, qui était allée fermer la porte, revint sur ses pas en demandant ce qu'il y avait. Bénéad lui raconta sa promenade au "Mottenn-Dervenn", et tout ce qui s'y était passé.

- Que sainte Anne nous assiste ! s'écria la femme effrayée, les korrigans se sont joués de vous.

- Hélas ! Je le vois bien maintenant, répondit Guilcher.

- Et vous avez osé, malheureux que vous êtes ! toucher à ces sacs qui ont appartenu à des maudits.

- Je croyais y trouver quelque chose de meilleur, répondit piteusement Bénéad.

- Il ne vient rien de valeur de qui ne vaut rien, répliqua la vieille femme ; ce que vous apportez là va jeter un mauvais sort sur la maison ; Jésus ! Pourvu qu'il me reste de l'eau bénite.

   Elle courut à son lit, décrocha du mur un petit bénitier de faïence et y trempa une branche de buis ; mais à peine la rosée de Dieu eut-elle touchée les sacs, que les crins se changèrent en collier de perles, les feuilles mortes en pièces d'or et le sable en diamants ! L'enchantement était détruit et les richesses que les korrigans avaient voulu cacher aux chrétiens étaient forcées de reprendre leur véritable apparence !

   Guilcher rendit à Balibouzik ses cinq écus ; il donna à chaque pauvre de la paroisse un boisseau de blé avec six aunes de toiles, et paya au recteur cinquante messes à dix blancs ; puis il partit avec sa femme pour Josselin, où ils achetèrent une maison et où ils eurent des enfants qui, aujourd'hui, sont devenus des gentilshommes.

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Ajouté le 19/10/2001 à 21h35 Envoyer a un ami Imprimer
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