Morgane, le féminin sacré celtique

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Morgane, le féminin sacré celtique

Morgane, le féminin sacré celtique


Morgane, le féminin sacré celtique

C’est en 1150 que la fée Morgane a fait sa première apparition dans la littérature.Dans La vita de Merlini, Geoffroy de Monmouth, un moine gallois, la présente comme fée et magicienne. Il évoque notamment son exceptionnelle beauté et sa capacité à voler comme un oiseau.  Selon lui, Morgane règne sur l’île des Fruits avec ses huit sœurs, toutes magiciennes.

Arthur, mortellement blessé lors de la bataille de Salesbières, lui est amené, pour qu’elle le guérisse et veille sur lui.
Vers 1180, le romancier anglais Layamon, qui la nomme Argante la reine-elfe (1), lui confère des pouvoirs et un rôle identiques. Il ajoute qu’elle était présente à la naissance d’Arthur, lorsque les elfes dotèrent le nouveau-né des qualités d’un grand souverain.

Une dame de haute magie

À la même époque, en France, l’image de Morgane commence à évoluer. Chrétien de Troyes, plus fasciné par les sentiments humains que par la féerie, présente Morgue la fée comme la demi-sœur d’Arthur, sans s’attarder sur sa nature féerique.
Elle vit, dit-il, à l’écart de la cour et dispense ses talents de guérisseuse avec une générosité royale. Elle fait également preuve d’une habileté proprement surnaturelle pour la broderie, ce qui -attention ! - ne la confine pas aux ouvrages de dame. Néanmoins, ce don la révèle créatrice d’un monde de beauté et d’harmonie.
Dans les romans arthuriens en vers, Morgane reste cette fée, déesse ou dame de haute magie. Unanimement célébrée pour son savoir en astronomie, en médecine ou en divination, elle est, avant Viviane, l’élève favorite de Merlin.

Un portrait au noir

Pourtant, les auteurs de la fin du Moyen-Âge commencent à dresser un portrait bien différent de Morgane. Leur jugement est sans appel. Pour le poète allemand Hartmann Von Aue, les pratiques de Fâmurgân (fée Morgane) relèvent de la sorcellerie.
Lorsque viennent les grandes suites romanesques en prose, l’image de Morgane se trouble encore. Plus que toutes les dames et fées arthuriennes, Morgane insuffle au roman médiéval l’esprit des dieux celtiques. Héritière de la Grande Reine, la Mor-Rigan que les Irlandais appellent le "corbeau des batailles", elle règne seule, mène les combats et affronte guerriers et rois. Elle punit le mensonge, le parjure, et le crime de lèse-majesté (2). Autant de traits devenus incompréhensibles, qui mènent à la condamnation de la fée, trop libre et trop forte. Morgane voit peu à peu son image se dégrader et se ternir, jusqu’à Malory dans Le Morte Darthur, qui la traite de "sorceresse and wytche".
Morgane perd donc, au profit de Viviane, sa suprématie féerique. Elle tente sans scrupule de s’emparer du pouvoir royal et s’acharne à la perte de Guenièvre, qu’elle jalouse et méprise. Dans ses domaines d’Avalon et de Brocéliande, elle tient en son pouvoir de jeunes gens vertueux, tels que Lancelot.
Après lui avoir nié sa nature féerique, les romanciers finissent même par retourner contre elle ses propres pouvoirs. L’amour, par lequel elle élit les héros, devient luxure ; sa science devient basse magie, puis sorcellerie. On la charge des crimes absolus d’inceste et d’adultère. Dernier outrage, sa beauté immuable de fée se transforme en une décrépitude masquée par les cosmétiques.
Pourtant, quels que soient les maux qu’on lui attribue, nul ne nie la souveraineté de Morgane sur Avalon, ni ne critique la protection dont elle entoure Arthur, le roi endormi.
Enfin, la fée Morgane apparaît sous d’autres auspices dans les chansons de gestes tardives. Elle y devient l’épouse de Jules César et la mère d’Aubéron, le petit roi de Férie. Aujourd’hui encore, elle continue d’exister dans notre imaginaire. Fantasme, modèle du féminisme ou héroïne de fantasy… Les existences de la dame d’Avalon
sont infinies.

(1) Fées et elfes désignent le même type d’êtres surnaturels : fée dérive du latin, elfe est d’origine germanique.
(2) Comme l’illustre la légende des amants infidèles prisonniers dans le Val sans retour.

Texte : Claudine Glot
Illustration : Brucéro (droits réservés aux éditionsAlbin Michel)

Article à lire dans BreizhMag n°2.

 

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[1] je sui d j aller a la foret de broceliande et écou...
par le 28/08/2007 à 11h04
je sui d j aller a la foret de broceliande et écouter les histoire des guide et g tro tro tro adoreer et je c apeu^res tou maitenan merci


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Ajouté le 07/12/2006 à 17h57 Envoyer a un ami Imprimer
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