Après Recouvrance, nous sommes allés vivre dans le quartier de l'Ecole navale où nos parents avaient fait construire une grande maison sur le terrain hérité du grand-père paternel. Une école toute neuve (1956), allait donc m'accueillir pour mes dernières années de primaire. Le poêle à charbon, le plancher de la classe qui craquait sous nos pas me manquaient, la nostalgie m'envahissait. Les pavés ancestraux de Recouvrance cédaient la place à un bitume à peine durci. La campagne remplaçait la ville. A l'un des plus vieux quartiers de Brest, connu des marins du monde entier, se substituaient des pavillons en construction, de larges trottoirs trop propres, témoins de nul opprobre. Je cherchais en vain une âme à ce quartier auquel je devrais pourtant m'habituer. Un jour lointain, il deviendrait ancien comme Recouvrance tandis qu'alentour on bâtirait le long de la grève, les âmes à abriter s'étant multipliées.
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