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Plogoff, 20 ans après : toujours des choses à dire

Plogoff, 20 ans après : toujours des choses à dire


Plogoff, 20 ans après : toujours des choses à dire

Article paru le 31 août 2001 dans "Setu !", le journal de l'Université d'Eté.

   Jean Moalic est l'un des rares militants à accepter de parler aujourd'hui, écologiste et ancien responsable de la mobilisation anti-nucléaire à Plogoff. Ce dernier a partagé hier son vécu des événements avec un public venu nombreux pour visionner le film "Plogoff, 20 ans après".

   Le film a apporté un éclairage nouveau à la lutte acharnée qui a mobilisé en premier lieu les habitants de Plogoff contre l'implantation d'une centrale nucléaire chez eux. Cependant, ce qui a provoqué une telle fermeté chez cette population du Cap Sizun c'est avant tout le respect de la démocratie : le Maire a appris que Plogoff était retenu pour l'éventuelle implantation d'une centrale en lisant le journal !
   Jean-Marie Kerloc'h a alors pris la tête d'une mobilisation que personne n'imaginait si dure et si longue. La guérilla, dont l'objectif était d'empêcher les CRS d'assurer le bon fonctionnement de l'enquête d'utilité publique, légalement nécessaire, n'a fait que se durcir et s'amplifier au fur et à mesure de l'augmentation des moyens mis en oeuvre par l'état (jusqu'à l'emploi de chars et blindés !).

   La réalisatrice, Brigitte-Baron Chevet a su non seulement exprimer la tension qui régnait à l'époque mais également démontrer les tenants et aboutissants. Son récit montre l'escalade de la violence de parts et d'autres du conflit. Paradoxe heureux, la vigilance accrue des dirigeants du comité a permis d'éviter des dérapages dont les conséquences auraient été catastrophiques.

   Jean Moalic a avoué "qu'en lachant Plogoff le gouvernement Mitterand avait les mains libres pour établir son programme d'implantation nucléaire. La lutte était gagnée mais le débat national que l'on attendait n'a pas eu lieu." Cela constitue une des plus grandes déceptions.

   Les éoliennes sont aussi apparues dans le débat et l'on a appris qu'un comité de défense s'est monté dans le nord-Finistère, pour cause de pollution du paysage. Il a malgré tout été établi que la lutte anti-nucléaire (au moins civile) était une caractéristique des bretons. Eric Bainvel, membre du comité de défense de Carnet (44) a rappelé que 50 000 personnes se sont déplacées pour dire non à la centrale. En majorité des bretons. C'est aussi en Bretagne que les réactions aux enfouissements des déchets nucléaires ont été les plus vives.



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Ajouté le 01/01/2002 à 22h31 Envoyer a un ami Imprimer
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